« Girls To The Front ! ». Dans les années 90, à Olympia près de Seattle aux Etats-Unis, plusieurs groupes de punks menés par des femmes commencent à crier ce slogan sur scène, pour inviter les meufs à venir devant, à arrêter d’être les portes-manteaux des fringues leurs mecs, et à se livrer elles aussi au vortex pogotique, cathartique et libérateur. Parmi elles : Bikini Kill, Bratmobile ou encore Heavens To Betsy. Violent et lourd, à l’instar du grunge, les Riot Grrrls nous montrent que féminité, puissance et force brute sont loin d’être antonymes. Surtout quand il s’agit de cracher sur le patriarcat et le capitalisme.
Sorti en 2016, Riot Grrrls, Chronique d’une révolution punk féministe écrit par Manon Labry, retrace l’émergence de ce mouvement, ses enjeux, avec une plume à la fois sophistiquée et DIY (loins d’être incompatibles) des plus acérées et aussi cruellement sensible lorsqu’il s’agit de nous livrer son ressenti à l’écoute de ses idoles. Et l’autrice s’y connaît : Manon Labry est docteure en civilisation nord-américaine et a soutenu une thèse sur la dialectique mainstream-underground. Et elle joue aussi dans le duo toulousain de post-punk/grunge, No Milk Today, qui a sorti un album S/T en 2017, que vous avez pu voir notamment ce septembre 2018 à la Mutinerie – bar féministe lesbien à Paris). En écoute ici pour le plaisir :
Le livre est beau, l’édition, Zones, vend du rêve … C’est à elle qu’on doit le presque best-seller féministe de l’année, Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet.
Alors que Bikini Kill a récemment annoncé sa reformation en début d’année 2019 (un an après Me Too, au moment où on en a le plus besoin) on relit le livre de Manon Labry pour mieux connaître ce mouvement, trop souvent réduit à du grunge basique à la Nirvana, au détriment de passer à côté d’un fait culturel général. Et on y apporte quelques gentilles critiques nuancées aussi, sachant pertinemment que je suis un homme blanc cis genre, j’essaierai de respecter cet adage, de je ne sais plus qui : « Si un homme reconnaît que s’exercent en lui des forces qu’il ne maîtrise pas, et en conséquence choisit de respecter ce postulat de départ de NE PAS mépriser ni minimiser les propos des femmes, rien ne l’empêche d’être féministe » (source pas très sûre).
Genèse : Olympia, K Records, Calvin Johnson, Tobi Vail, Bikini Kill, tournée, voyage à Washington DC, Créativité d’Olympia, x DIY x engagement de Washington DC, Fugazi, Fanzines, Bratmobile, Heavens to Betsy
Livre : engagement, chronique =/= encyclopédie. Chaque femme devrait le lire.
On aurait aimé en savoir plus sur le lien entre punk et féminisme, sur les influences des Riot Grrrls (qu’on a un peu à la fin)

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